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  • Photo du rédacteurThibaut Pilatte

Le paon vert, moins connu que son cousin mais davantage menacé


Paon vert (Pavo muticus)

Paon vert (Pavo muticus) ©Chris Burney



Aire de répartition


Le paon spicifère ou paon vert (Pavo muticus) est originaire du Sud-Est de l’Asie. On le retrouve au Cambodge, en Chine, en Indonésie, au Laos, en  Birmanie, en Thaïlande ainsi qu’au Vietnam. L’espèce semble éteinte en Inde, en Malaisie et au Bangladesh. 

Il occupe de nombreux types d’habitats, des forêts humides, des savanes boisées, des terres agricoles etc… La densité de paon vert est plus forte dans les zones humides ou à proximité des cours d’eau. Il s’adapte très facilement à son milieu et peut vivre également en altitude jusqu’à 2 100m. 

Il existe 3 sous-espèces différentes : 

  • P. m. muticus est endémique de l’Ile de Java

  • P. m. imperator occupe la Birmanie, la Thaïlande, la Chine, Le Cambodge, le Vietnam et le Laos

  • P. m. spicifier est endémique du Nord-Ouest de la Birmanie


Aire de répartition du paon vert



Cousin du paon bleu


Le paon vert est le cousin du paon bleu (Pavo cristatus), l’espèce la plus connue. On peut la croiser dans certains jardins mais aussi dans la plupart des parcs animaliers. Ce sont les 2 représentants du genre Pavo, qui signifie paon en latin. Les 2 espèces auraient divergé il y a 1 à 3 millions d’années, ce qui est assez récent. Elles sont similaires au niveau du comportement même si le paon vert est plus timide et réservé. Il est également beaucoup plus menacé. Le paon vert est plus petit que le paon bleu. 


Paon vert (Pavo muticus)

Mâle en parade devant la femelle ©Wich’yanan L



Reproduction

Le dimorphisme sexuel est marqué comme la plupart des galliformes. Le mâle est plus coloré que la femelle et possède de longues plumes de de parade. Comme chez le paon bleu, le mâle effectue une parade en dressant ses plumes, souvent appelée "la roue".  Le paon vert est polygame. Le mâle possède un harem allant jusqu’à 5 femelles. Chacune pond 3 à 6 oeufs au sol qu’elle couve pendant 26 à 28 jours. L’élevage est assuré seulement par la femelle. La période de reproduction diffère en fonction des habitats et de leurs climats. 



Une espèces menacée


L’espèce a vu son statut passer de “vulnérable” à “en danger” en 2009 sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Ses populations ont en effet baissé d’au moins 50% sur les 21 dernières années. La perte de son habitat et la chasse en sont les principales causes. En Chine, le paon vert a disparu de 60% de son aire de répartition. Les populations se retrouvent ainsi fragmentées.

Il resterait 15 à 30 000 individus au niveau mondial, toutefois, la sous-espèce de Java est estimée à 1000 paons au maximum. Sa situation est donc bien plus fragile. Malgré son statut d’espèce protégée, en 2008, 17 paons verts sont confisqués par les autorités sur le marché aux animaux de Java. Ses plumes, ses oeufs et sa viande sont en effet prisés. La capture au collet a augmenté depuis 2005.

En Chine et en Thaïlande, Pavo muticus est accusé de piller les terres agricoles. En représailles, il est parfois empoisonné. 

En Birmanie, les plantations de tecks, d'hévéas et de palmiers pour faire de l’huile de palme fragmentent la forêt et la biodiversité a tendance à s'effondrer. Heureusement, le paon vert s’adapte facilement aux perturbations de son habitat. Les plantations de tecks pourraient toutefois servir de corridors entre les bastions de forêt pour les paons verts selon une étude. 


Paon vert (Pavo muticus)

©Huang Qin



Des programmes conservation difficiles à mettre en place


Le paon vert se reproduit dans plusieurs aires protégées. Des campagnes de sensibilisation ont eu lieu au Laos et en Chine. Au Cambodge où la population est estimée à moins de 1000 individus, l’organisation Angkor Centre for the Conservation of the Biodiversity (ACCB) reproduit et réintroduit des paons verts dans une aire protégée pour augmenter les effectifs. Cette action est menée avec le soutien de la World Pheasant Association (WPA) qui vise à à élever des galliformes en captivité mais également à soutenir des programmes sur le terrain.

Quelques individus sont élevés dans les parcs européens mais bon nombre seraient des hybrides avec le paon bleu selon un rapport de l’Association Européenne des Zoos et des Aquariums (EAZA). 



Références :



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