• Thibaut Pilatte

Le protèle, un cousin insectivore des hyènes

Le protèle (Proteles cristata) fait partie de la famille des hyaenidae. Elle regroupe notamment les 3 espèces de hyènes. Le protèle est le seul membre du genre Proteles. La divergence entre les genres a eu lieu il y a entre 15 à 32 millions d’années. En plus du contraste physique (le protèle est le plus petit hyaenidae), le régime alimentaire est très différent. Là où les hyènes sont souvent charognardes, le protèle est principalement insectivore !


Protèle © Stefan Haag



Alimentation


Le protèle se nourrit principalement de termites du genre Trinervitermes. Durant la nuit, il capture ses proies à l’aide de sa langue collante. Il résiste aux produits chimiques émis par les soldats termites. En été, il peut manger jusqu’à 300 000 termites ! De ce fait, un couple a besoin d’environ 3 000 termitières sur son territoire. L’hiver, le protèle mange moins et perd du poids. Lorsque la température descend en dessous de 9c, le termite du genre Trinervitermes ne sort pas. Le protèle est essentiellement nocturne, ce qui lui a valu le nom de loup-garou en anglais (Haardwolf). Il s'adapte alors pour chasser durant la journée un autre termite, Hodotermes mossambicus qui lui est diurne.

Il a très peu de besoin en eau, celui-ci est assuré par la consommation des termites. Son alimentation est complétée par d’autres insectes, des fourmis, des petits mammifères et des oiseaux.


Protèle © Tom Heijnen



Mode de vie


Le protèle est solitaire et territorial. Il défend son territoire contre les autres individus et les chacals en hérissant sa crinière. Il occupe un grand nombre de types d’habitats. Principalement des prairies ouvertes et des savanes.

La reproduction a lieu en été, durant la période d’abondance. Après une période de gestation de 90 jours, la femelle met au monde 2 à 4 petits. Ils quitteront le cocon familial au bout d’un an.


Protèles juvéniles © Mike Richardson and Sarah Winch



Taxonomie


Deux sous-espèces sont distinguées pour le moment mais demandent à être validées par des études. Elles sont bien visible sur cette carte :

  • P. c. cristata au sud de l’Afrique

  • P. c. septentrionalis à l’Est de l’Afrique




Situation des l’espèce


L’espèce fut découverte en 1783 par le suédois Anders Sparrman. A l'époque, il pensait que c'était une civette.

Durant des années,le protèle fut persécuté à tort par des éleveurs. Le régime alimentaire de ce mammifère était méconnu. Les agriculteurs et éleveurs sont désormais mieux renseignés et le protèle semble même être apprécié.

L’espèce n’a pas de menace majeure et l’UICN la classe "préoccupation mineure”. Toutefois l’expansion agricole, la prédation par les chiens et la perte de son habitat sont des dangers pour le protèle.

Des études ont rapporté qu’il était consommé par certaines tribus africaines et utilisé dans leur médecine.



Références :

UICN

Mamimal world

Zoos passion

Furstenburg, Deon. (2008). Aardwolf (Proteles cristatus). 14. 6-11.