• Thibaut Pilatte

Les formes d'hermaphrodisme et les facteurs d'influence sexuelle chez les animaux



Dragon barbu (Pogona vitticeps) © David Cook



Des animaux qui changent de sexe. Vous avez peut-être déjà entendu parler de ces histoires. C’est ce qu’on appelle l’hermaphrodisme. Il est présent aussi bien chez les plantes que les animaux et il en existe 3 formes :

  • La protogynie : la femelle devient un mâle

  • La protandrie : le mâle devient une femelle

  • L’hermaphrodisme alternant : l’individu alterne de sexe au cours de sa vie.


L’hermaphrodisme est bien plus présent que l’on pense. Sur les 27 000 espèces de poissons, 10% sont naturellement hermaphrodites. D’autres le deviennent à la conséquence des activités humaines telles que l’agriculture intensive, la pollution etc… Quelques cas d’hermaphrodisme ou d'influence sur le sexe de l'individu.



Le facteur de la température


Le dragon barbu (Pogona vitticeps), reptile australien, peut changer de sexe après la naissance. Ce phénomène s’observe lors de températures très élevées. Des individus mâles deviennent femelles. Ils arrivent même à se reproduire et à donner naissance ! Les scientifiques ignorent si c’est un phénomène naturel ou lié au réchauffement climatique.


La température à un effet sur un grand nombre d’espèces pour déterminer le sexe à la naissance. Chez les tortues marines, une température faible donnera davantage de femelles et à l’inverse une température élevée donnera davantage de mâles.



Le facteur des produits chimiques


Selon Jean-François Baroiller, spécialiste de la biologie des poissons, des substances chimiques proches de la structure moléculaire peut modifier le sexe partiellement ou totalement. Chez le saumon chinook (Oncorhynchus tshawytscha), des observations de mâles possédant un ovaire ont été rapportées. Chez le tilapia (Oreochronis niloticus), des femelles avaient développé des testicules.


L’autre exemple frappant est l’atrazine. Ce désherbant, interdit d’utilisation en Europe, est connu pour ses effets néfastes. Il altère la fertilité chez l’Homme mais également sur de nombreuses espèces.

Une étude a été menée sur 50 grenouilles africaines à griffes mâles (Xenopus laevis) au contact de l’atrazine. Sur les 50, 90% ont vu leur taux de testostérone chuter avec une diminution de l’appareil reproducteur et une apparition des caractères sexuels secondaires féminins. 10% ont carrément changé de sexe et ont pu se reproduire, mais n’ont donné naissance qu’à des mâles.



Des espèces naturellement hermaphrodites


Prenons le cas de l’escargot. Lors de l’accouplement, l’escargot est mâle. Il échange son sperme avec son partenaire. Il devient ensuite femelle pour le féconder. Ce changement de sexe pour devenir femelle est la protandrie.


Enfin, il existe des espèces asexsuées : elles peuvent se reproduire autrement que par l’accouplement. C’est le cas du dragon de Komodo (Varanus komodoensis). En 2006 au Zoo de Chester au Royaume-Uni, une femelle a pondu des oeufs non fécondés. 7 petits mâles ont éclos. Il existe d’autres exemples de ce genre de reproduction avec cette espèce, et bien qu’elle présente des avantages, elle appauvrit génétiquement la population. Ce phénomène s’appelle la parthénogenèse.



Références:

Le Monde

Sciences et avenir

Gireaud

Alex Morales, « Komodo Dragons, World's Largest Lizards, Have Virgin Births », Bloomberg.com,‎ 20 décembre 2006


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